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Réduction générale des cotisations 2026 (RGDU) : calcul, coefficients et impact sur votre paie

RGDU 2026 : formule, coefficient maximal 0,3981, SMIC gelé à 12,02 €, salaires gagnants et perdants. Ce que l'employeur du BTP doit vérifier sur sa paie.
Réduction générale des cotisations 2026 (RGDU) : calcul, coefficients et impact sur votre paie
Sommaire

Depuis le 1er janvier 2026, la réduction générale des cotisations porte un nouveau nom : la RGDU, pour réduction générale dégressive unique. Elle remplace l'ancienne « réduction Fillon » et absorbe les deux taux réduits de cotisations patronales d'assurance maladie et d'allocations familiales, supprimés au 31 décembre 2025. Le principe ne change pas : l'allègement est maximal au niveau du SMIC et diminue quand le salaire augmente. En revanche, la courbe a changé, le plafond est passé de 1,6 à 3 SMIC, et la hausse du SMIC de juin 2026 n'est pas répercutée dans le calcul. Selon le niveau de salaire, votre allègement 2026 peut donc être plus élevé ou nettement plus faible qu'en 2025. Voici comment le calculer, qui y gagne, qui y perd, et ce qu'un employeur du bâtiment doit vérifier sur ses bulletins.

L'essentiel sur la RGDU 2026

  • La RGDU s'applique aux rémunérations inférieures à 3 SMIC, contre 1,6 SMIC pour l'ancienne réduction Fillon.
  • Coefficient maximal : 0,3981 pour les entreprises de moins de 50 salariés, 0,4021 à partir de 50 salariés, avec un plancher de 2 % jusqu'à 3 SMIC.
  • Le SMIC de référence reste gelé à 12,02 € de l'heure (valeur du 1er janvier 2026) pour toute l'année, malgré la hausse à 12,31 € au 1er juin.
  • Les taux réduits maladie (−6 points jusqu'à 2,25 SMIC) et allocations familiales (−1,8 point jusqu'à 3,3 SMIC) ont disparu.
  • Les salaires compris entre environ 1,8 et 2,25 SMIC, fréquents dans l'encadrement de chantier, sont ceux qui perdent le plus.

Qu'est-ce que la RGDU ?

La RGDU est un allègement de cotisations patronales calculé salarié par salarié. Son montant est égal à la rémunération annuelle brute du salarié multipliée par un coefficient, qui dépend du rapport entre ce salaire et le SMIC. Elle concerne tous les salariés titulaires d'un contrat de travail et affiliés à l'assurance chômage, y compris à temps partiel et en alternance, dont la rémunération reste inférieure à 3 SMIC.

Jusqu'en 2025, trois mécanismes se superposaient sur les bulletins : la réduction générale, dégressive jusqu'à 1,6 SMIC ; le taux réduit d'assurance maladie, à 7 % au lieu de 13 % jusqu'à 2,25 SMIC ; et le taux réduit d'allocations familiales, à 3,45 % au lieu de 5,25 % jusqu'à 3,3 SMIC. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 a supprimé les deux taux réduits au 1er janvier 2026 et intégré leur effet dans un coefficient unique. Le texte de référence est l'article L241-13 du Code de la sécurité sociale.

La formule de calcul de la RGDU en 2026

La formule a été fixée par le décret n° 2025-887 du 4 septembre 2025. Ses paramètres ont ensuite été ajustés par le décret n° 2025-1446 du 31 décembre 2025, pour tenir compte de la hausse de la cotisation vieillesse déplafonnée :

C = Tmin + Tdelta × [ ½ × (3 × SMIC annuel / rémunération annuelle brute − 1) ]1,75

Paramètre 2026Moins de 50 salariés (FNAL 0,10 %)50 salariés et plus (FNAL 0,50 %)
Tmin (plancher)0,02000,0200
Tdelta0,37810,3821
Coefficient maximal (Tmin + Tdelta)0,39810,4021
Exposant P1,751,75

Cette formule a trois conséquences pratiques :

  • Au niveau du SMIC, le coefficient atteint son maximum : environ 40 % de la rémunération brute.
  • Entre le SMIC et 3 SMIC, il décroît selon une courbe, et non plus en ligne droite comme la réduction Fillon. Il ne descend jamais sous 2 %.
  • À partir de 3 SMIC, la réduction tombe à zéro d'un coup. Un salarié juste sous le seuil conserve 2 % d'allègement, un salarié juste au-dessus n'a plus rien. Cet effet de seuil est à surveiller au moment des augmentations.

Le SMIC annuel de la formule est augmenté du SMIC horaire multiplié par le nombre d'heures supplémentaires ou complémentaires rémunérées. Il est proratisé pour les salariés à temps partiel ou entrés en cours d'année. La rémunération retenue inclut, le cas échéant, la prime de partage de la valeur.

SMIC de référence 2026 : gelé à 12,02 € malgré la hausse de juin

Le SMIC a été revalorisé deux fois en 2026 : à 12,02 € de l'heure au 1er janvier (1 823,03 € bruts mensuels), puis à 12,31 € au 1er juin (1 867,02 €). Le décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 prévoit que, pour la RGDU, seule la valeur du 1er janvier compte, pour toute l'année et pour l'éligibilité comme pour le calcul du coefficient.

Deux valeurs du SMIC coexistent donc dans votre paie 2026 : 12,31 € pour payer vos salariés depuis juin, 12,02 € pour calculer leur allègement. Le plafond de la RGDU reste égal à 3 fois le SMIC de janvier, soit environ 5 469 € bruts par mois, ce qui ne représente plus que 2,93 fois le SMIC actuel.

La conséquence est directe pour les salariés payés au SMIC : leur rémunération dépasse désormais le SMIC de référence, donc leur coefficient baisse. Pour un salarié à temps plein payé au SMIC toute l'année dans une entreprise de moins de 50 salariés, le coefficient annuel passe de 39,81 % à environ 38,44 %. Sur une rémunération annuelle d'environ 22 184 €, cela représente environ 300 € d'allègement en moins par salarié et par an.

Une tolérance existe pour les salariés dont le contrat a pris fin entre le 1er et le 30 juin 2026 : pour eux, l'employeur n'a pas à régulariser. Pour tous les salariés encore présents au 1er juillet 2026, le gel s'applique sur l'ensemble de l'année. Ce gel ne concerne que la RGDU de droit commun, pas les exonérations spécifiques calculées sur le SMIC (Lodeom, JEI, ZRR, aide à domicile…).

RGDU 2025 vs 2026 : quels salaires gagnent, lesquels perdent ?

La réforme n'est ni une hausse ni une baisse uniforme des allègements. Tout dépend du niveau de salaire. Le tableau ci-dessous compare le taux d'allègement total en 2025 (réduction Fillon et taux réduits) et en 2026 (RGDU), pour un même multiple de SMIC.

SalaireAllègement 2025Allègement 2026Écart
1 SMIC39,74 %39,81 %≈ 0
1,1 SMIC32,00 %31,26 %−0,7 pt
1,3 SMIC20,09 %19,98 %−0,1 pt
1,6 SMIC7,80 %10,90 %+3,1 pts
2 SMIC7,80 %5,34 %−2,5 pts
2,25 SMIC7,80 %3,64 %−4,2 pts
2,5 SMIC1,80 %2,67 %+0,9 pt
2,7 SMIC1,80 %2,24 %+0,4 pt
3,1 SMIC1,80 %0 %−1,8 pt

Calculs Strata, entreprise de moins de 50 salariés, cas général, hors heures supplémentaires et hors caisse de congés payés. 2025 : réduction Fillon (coefficient maximal 0,3194, sortie à 1,6 SMIC) et taux réduits maladie et famille. 2026 : formule RGDU, multiple exprimé par rapport au SMIC de référence.

Quatre zones se dégagent :

  • Jusqu'à environ 1,35 SMIC, l'allègement est quasiment stable, avec une légère baisse de moins d'un point.
  • Entre environ 1,35 et 1,8 SMIC, l'allègement progresse, jusqu'à 3 points autour de 1,6 SMIC, là où la réduction Fillon s'arrêtait.
  • Entre environ 1,8 et 2,25 SMIC, c'est la zone perdante : la disparition du taux réduit maladie de 6 points n'est pas compensée. La perte atteint plus de 4 points à 2,25 SMIC.
  • Entre 2,25 et 3 SMIC, l'allègement augmente légèrement grâce au plancher de 2 %. Au-delà de 3 SMIC, en revanche, les salaires perdent les 1,8 point du taux réduit famille, qui s'appliquait jusqu'à 3,3 SMIC.

Exemples chiffrés dans une entreprise du bâtiment

Prenons une entreprise de maçonnerie de moins de 50 salariés, non affiliée à une caisse de congés payés pour simplifier. Les salariés sont à temps plein, sans heures supplémentaires. Le SMIC annuel de référence est de 21 876 €.

PosteBrut annuelCoefficient 2026RGDU annuelleAvec les règles 2025
Manœuvre payé au SMIC22 184 €38,44 %≈ 8 530 €Sans le gel du SMIC : ≈ 8 830 €
Ouvrier qualifié (1,3 SMIC)28 440 €19,98 %≈ 5 680 €≈ 5 710 €
Chef de chantier (2 SMIC)43 750 €5,34 %≈ 2 340 €≈ 3 410 €
Conducteur de travaux (2,7 SMIC)59 070 €2,24 %≈ 1 320 €≈ 1 060 €

Montants arrondis, donnés à titre indicatif. La colonne 2025 applique les règles 2025 au même multiple de SMIC.

Sur cet exemple, le chef de chantier coûte environ 1 070 € de plus par an en charges patronales, alors que son salaire n'a pas bougé. À l'inverse, le conducteur de travaux coûte un peu moins cher. Ce n'est pas l'intuition de la plupart des dirigeants, qui s'attendent à ce que les salaires les plus élevés soient les plus pénalisés.

Les spécificités du BTP

Caisses de congés payés : le coefficient majoré de 100/90

Dans le bâtiment, les congés payés sont versés par une caisse de congés payés et non par l'employeur. Les indemnités correspondantes n'entrent donc pas dans la rémunération retenue pour la RGDU. Pour compenser, le coefficient est multiplié par 100/90. Le coefficient maximal passe ainsi d'environ 0,3981 à 0,4423 pour une entreprise de moins de 50 salariés. Vérifiez que votre logiciel de paie applique bien cette majoration avec la nouvelle formule.

Heures supplémentaires : un double mécanisme

Les heures supplémentaires rémunérées augmentent le SMIC de référence de la formule, ce qui évite qu'elles fassent baisser mécaniquement l'allègement. Elles ouvrent aussi droit à une déduction forfaitaire de cotisations patronales, cumulable avec la RGDU : 1,50 € par heure dans les entreprises de moins de 20 salariés, 0,50 € par heure à partir de 20 salariés. Depuis le 1er janvier 2026, cette déduction est étendue aux entreprises de 250 salariés et plus. Dans un secteur où les heures supplémentaires sont courantes, c'est un point à contrôler sur chaque bulletin.

Pour les autres particularités de la paie du secteur, voir notre guide de la paie dans le bâtiment et notre article sur la convention collective du bâtiment.

Quelles cotisations sont concernées ?

La RGDU s'impute sur l'essentiel des cotisations patronales : assurance maladie, maternité, invalidité et décès, vieillesse de base, allocations familiales, contribution FNAL, contribution solidarité autonomie, retraite complémentaire obligatoire et assurance chômage. La cotisation accidents du travail et maladies professionnelles n'est couverte que dans une certaine limite. La CSG, la CRDS et les cotisations propres à certains secteurs restent dues.

Calcul annuel, régularisation et DSN

La RGDU se calcule sur l'année civile, salarié par salarié. En pratique, elle est appliquée chaque mois à titre provisoire, puis régularisée. Deux méthodes sont possibles : la régularisation progressive, qui recalcule chaque mois le cumul depuis janvier, ou la régularisation annuelle en fin d'année. La méthode progressive évite une correction importante en décembre et lisse l'effet sur la trésorerie. C'est celle que nous recommandons aux TPE.

Avec le gel du SMIC décidé en juin, de nombreux logiciels ont régularisé l'allègement des premiers mois lors de leur mise à jour. Vérifiez que cette régularisation apparaît bien dans vos DSN, notamment pour les salariés présents au 1er juillet.

Ce qui se cumule avec la RGDU, et ce qui ne se cumule pas

  • Déduction forfaitaire sur les heures supplémentaires : cumulable.
  • Prime de partage de la valeur : incluse dans la rémunération retenue, elle réduit le coefficient l'année où elle est versée.
  • Autres exonérations de cotisations patronales (Lodeom, JEI, ZRR, taux ou assiettes spécifiques) : non cumulables. Il faut appliquer le dispositif le plus favorable.

RGDU et rémunération du dirigeant

La RGDU porte sur les cotisations patronales dues pour les salariés. Elle ne s'applique pas à un dirigeant travailleur non salarié, comme un gérant majoritaire de SARL ou un entrepreneur individuel, dont les cotisations relèvent d'un autre régime. Un président de SAS assimilé salarié n'est pas affilié à l'assurance chômage à ce titre, ce qui l'exclut aussi en principe du dispositif. L'arbitrage entre salaire et dividendes se raisonne donc à part, comme nous l'expliquons dans notre article sur la rémunération du chef d'entreprise.

Les six vérifications à faire sur vos bulletins

  1. La formule : votre logiciel applique bien les paramètres 2026 (Tmin 0,0200, Tdelta 0,3781 ou 0,3821, exposant 1,75).
  2. Le SMIC de référence : il reste à 12,02 € de l'heure après juin, et la régularisation a été faite pour les salariés présents au 1er juillet.
  3. Les anciens taux réduits : aucune ligne de taux réduit maladie ou allocations familiales ne subsiste sur les bulletins 2026.
  4. La caisse de congés payés : la majoration de 100/90 est bien appliquée si vous êtes affilié.
  5. Le budget des salaires intermédiaires : les postes entre 1,8 et 2,25 SMIC ont été rebudgétés, et les augmentations proches de 3 SMIC tiennent compte de l'effet de seuil.
  6. La régularisation : la méthode choisie (progressive ou annuelle) est cohérente d'un mois sur l'autre.

Suivre ces écarts dans un tableau de bord de gestion permet de voir l'effet réel de la réforme sur votre masse salariale et sur votre trésorerie de chantier, plutôt que de le découvrir à la clôture.

FAQ : réduction générale des cotisations 2026

Qu'est-ce que la RGDU ?

La réduction générale dégressive unique (RGDU) est l'allègement de cotisations patronales en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Elle remplace la réduction Fillon et intègre les anciens taux réduits d'assurance maladie et d'allocations familiales dans un coefficient unique, applicable aux salaires inférieurs à 3 SMIC.

Quelle est la formule de calcul de la RGDU en 2026 ?

Le coefficient est égal à Tmin + Tdelta × [½ × (3 × SMIC annuel / rémunération annuelle brute − 1)] puissance 1,75. En 2026, Tmin vaut 0,0200 et Tdelta 0,3781 (moins de 50 salariés) ou 0,3821 (50 salariés et plus). Le montant de la réduction est ce coefficient multiplié par la rémunération annuelle brute.

Quel est le coefficient maximal de la RGDU en 2026 ?

Il est de 0,3981 pour les entreprises de moins de 50 salariés et de 0,4021 à partir de 50 salariés. Pour les employeurs affiliés à une caisse de congés payés, comme dans le BTP, il est multiplié par 100/90.

La hausse du SMIC de juin 2026 modifie-t-elle la RGDU ?

Non. Le décret n° 2026-509 du 12 juin 2026 maintient la valeur du SMIC au 1er janvier 2026, soit 12,02 € de l'heure, pour tout le calcul de l'année. Les salariés payés au nouveau SMIC voient donc leur coefficient baisser légèrement, jusqu'à environ 38,44 % sur l'année pour une entreprise de moins de 50 salariés.

Quels salaires sont perdants avec la RGDU ?

Principalement les salaires compris entre environ 1,8 et 2,25 SMIC, qui perdent le taux réduit maladie de 6 points sans compensation suffisante, et ceux compris entre 3 et 3,3 SMIC, qui perdent le taux réduit famille. Les salaires autour de 1,6 SMIC et entre 2,25 et 3 SMIC sont au contraire gagnants.

La RGDU concerne-t-elle la rémunération du dirigeant ?

Non pour un dirigeant travailleur non salarié, dont les cotisations relèvent d'un autre régime. La RGDU porte sur les cotisations patronales dues au titre des salariés affiliés à l'assurance chômage.

Sources officielles

Chez Strata, cabinet d'expertise comptable à Valence, nous vérifions le paramétrage RGDU de vos bulletins et chiffrons l'impact de la réforme sur votre masse salariale, poste par poste. Si vous employez des salariés dans la Drôme, l'Ardèche ou ailleurs, contactez-nous pour faire le point avant votre prochaine échéance Urssaf.

Cédric Mourgand, expert-comptable
Rédigé par Cédric Mourgand, Expert-comptable
Publié le 18 septembre 2026
Modifié le 25 septembre 2026
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